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22 mars 2015 : 40 ans de jumelage avec Tbilissi

Le 22 mars 1975, le premier traité d’amitié officiel entre une ville de l’Allemagne de l’ouest et une ville de l’ancienne République Soviétique  fut signé dans la salle de conférences de la mairie de Tbilissi. Le maire de Sarrebruck, Oskar Lafontaine et celui de Tbilissi, Bachva Lobjanidze conclurent le jumelage entre Sarrebruck et la capitale géorgienne Tbilissi. 

Signature du traité à Tbilissi en 1975 par l’ancien maire de Sarrebruck, Oskar Lafontaine (2ème en partant de la gauche) et celui de Tbilissi, Bachva Lobjanidze (5ème en partant de la gauche)

Signature du traité à Tbilissi en 1975 par l’ancien maire de Sarrebruck, Oskar Lafontaine (2ème en partant de la gauche) et celui de Tbilissi, Bachva Lobjanidze (5ème en partant de la gauche)

Ce jumelage qui dure depuis 40 ans trouve ses racines dans la culture. Au milieu de la Guerre Froide, dans les années 60, le nouveau directeur promis au Saarbrücker Stadttheater (aujourd’hui Saarländisches Staatstheater), dans son discours d’ouverture pour la nouvelle saison, « de faire du théâtre de Sarrebruck un lieu où les gens doivent se rencontrer au-delà des confessions, des opinions politiques, des préjugés et des origines. Hermann Wedekind était venu de Bâle en 1960 pour faire de la scène de Sarrebruck un « théâtre du monde ».

Après les journées du théâtre suisse et une semaine de théâtre franco-allemand, les journées autrichiennes et américaines ont suivi. Wedekind, comme beaucoup de sa génération, marqué et traumatisé par les évènements de la guerre, aspirait à la paix et à la réconciliation avec l’ennemi de l’est. Ce qui était quasiment impossible arriva. Le 12 mars 1966 eurent lieu les journées du théâtre polonais à Sarrebruck et les journées russes suivirent en 1968. Avant la signature du traité de Moscou en 1970, le rideau de fer s’était déjà ouvert pour l’art. En retour, les artistes passionnés furent invités en Union Soviétique en 1972.  En complément du programme obligatoire à Moscou et Leningrad, Wedekind devait aussi choisir une ville qu’il visiterait. Intuitivement et spontanément, il demanda la région la plus chaude de l’URSS, on l’envoya en Géorgie.

A Tbilissi, le régisseur de l’opéra lui trouva de nombreuses affinités. Une amitié qui devrait durer toute une vie se forma.

Le 13 janvier 1973, au théâtre de Sarrebruck eut lieu la première de l’opéra géorgien « Daissi ». Pour la première de « Lohengrin » de Wagner, le ministre sarrois de la culture, Werner Scherer et le maire de Sarrebruck Edmund Haßdenteufel se déplacèrent à Tbilissi en mars 1973, accompagnés d’une grande délégation de Sarrebruckois. On mena les premières négociations avec l’administration de Tbilissi. Parmi les participants se trouvait le conseiller municipal Otti Maurer qui suggéra plus tard, dans une lettre au maire de Sarrebruck Fritz Schuster, de conclure un partenariat semblable à celui existant avec Nantes.

Puis, on assista à la fameuse semaine géorgienne, de mai à juin 1974, à Sarrebruck. Dès lors, les jalons politiques pour la réalisation du pacte d’amitié furent plantés. La société «RFA-URSS », fondée en 1955, ainsi que la société des amitiés « Est-Ouest » agirent également en toile de fond afin de pacifier les démarches politiques. À Tbilissi, au sein de la salle de conférence historique de la  mairie, Oskar Lafontaine, Maire de Sarrebruck et Bachva Lobjanidze, maire de Tbilissi signèrent le pacte d’amitié le 22 mars 1975. Le document est rédigé en allemand et en russe. Le contrat s’emploie à renforcer la coopération des deux villes et à consolider les relations pacifiques entre le peuple allemand et soviétique. On encouragea donc une collaboration à différents niveaux notamment au culturel par l’envoi de délégations, par l’échange de compétences dans des domaines divers (organisation des communes, gouvernance économique, gestion des problèmes sociaux). Des artistes furent envoyés dans les deux villes et on veilla non seulement à assurer le développement du tourisme mais aussi les contacts entre les organisations.